Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /Fév /2009 10:43

Il y a deux semaines, alors que le chomage commençait à me faire tourner bourique dans mon appartement insalubre, mon téléphone a sonné!

Fait exceptionnel, un recruteur avait sélectionné mon super CV sur un site bien connu de chomeurs perdus dans la nébuleuse de l'inactivité. J'ai sauté de joie, toute fière que mon parcours ait pu intéresser quelqu'un.

Un rendez-vous était fixé dans la semaine.

Celui-ci se passe bien, à la seule exception que je n'ai pas été retenue pour le poste. La réponse est tombée rapidement, par téléphone, deux heures à peine après la fin du rendez-vous.

Sur le moment, j'étais certes un peu déçue, mais pas tant que cela: le poste aurait pu être tenu par un singe, les tâches étaient basiques et inutiles, de la rédaction sans réflexion pour le compte de clients payant au lance-pierre.

Alors, pour tourner la page, j'ai donné un nouveau souffle à ma quête effreinée d'un travail. N'importe lequel, majoritairement, ils ne doivent pas être nombreux à réellement nécessiter des compétences!

Et puis, par miracle, une semaine jour pour jour, mon téléphone resonne. Et, comme une sombre débile, j'ai décroché. C'était un vendredi soir, vers 18h30, alors que la semaine de bureau s'achève pour le commun de travailleurs en fauteil (ce qui exclut évidemment les vendeurs qui doivent se trainer la mauvaise humeur des clients pendant le week-end! bien heureux le vendeur!)

La secrétaire de la société en question m'honorait par cet appel en me proposant une mission, TRES URGENTE. Il était d'ailleurs trop tard pour elle, si je l'acceptais, pour m'envoyer un coursier me déposer les documents. Sapristi, bein évidemment, je pouvais me rendre dans leurs bureaux le lendemain, un samedi.

Jusque là, rien d'anormal. Il s'agit de rendre service à une société qui m'avait rejetée pour des raisons inconnues. Mais, l'argent commençait à manquer, alors oui, j'ai accepté.

Le lendemain donc, je me suis rendue dans leurs locaux bien chaleureux du très fastueux et agréable quartier de la Défense. Un quartier qui mérite d'être visité le samedi:  l'erreur architecturale dans laquelle doivent s'épanouir des milliers de travailleurs en semaine est encore bien plus sinistre le week-end, alors que les bureaux sont vides. J'apprends donc, une fois arrivée, que la mission doit être finie dans les trois au quatre jours. Il faut rédiger, reformuler et se bouffer une réunion de 10heures, soit au minimum dix jours de travail si l'on veut bien faire les choses.

Je me lance donc dans un travail d'acharnée, à faire des nuits blanches. Le travail est rendu avec du retard. C'était évident depuis le début, la boite ne pouvait honorer les délais en mettant déjà une semaine à ouvrir l'enveloppe! Débiles! Après 7 longs jours de rédaction et une journée de relecture: on pouvait souffler.

La paie tombe: un salaire de merde, une bourse trouée d'euros (les pièces jaunes!) pour plus d'une semaine, sans compter les heures supplémentaires nécessaires! Je n'aime pas compter, c'est ras-du-frond, mais là, une évidence: mon travail est moins rémunéré que celui équivalent d'une malgache!

Pourquoi comparer mon travail à celui d'une malgache? Parce que le monde merveilleux de l'internet le permet. J'ai fait mon étude des prix pratiqués par les concurrents, dont quelques uns sont délocalisés à Madagascar. La société pour laquelle je bosse est moins chère, pour des services de meilleures qualité!

Et c'est ainsi, que j'ai compris que je me faisais avoir: leurs tarifs étaient trop bas pour être français! Un jour, la secrétaire, au téléphone, m'a proposé une autre mission, pour laquelle je serais rémunérer 100 euros. Second appel, pour m'informer que le tarif donné n'est pas le bon: le rédacteur n'en touche que 45 euros.

La conclusion est douloureuse: la valeur de mon travail est absorbée à 55% par le Capital, je n'en touche que 45%!! Je ne touche même pas 50% de la valeur de mon travail!

Si les choses continuent d'évoluer, je ferais partie des premiers à lancer le pavé dans la gueule des patrons.

Bien entendu, à ce taux horaire, j'ai tout de même continué d'accepter des missions. Mais la qualité du travail a du baisser: maintenant c'est expédié assez rapidement, et pas relu. Bah, oui, le tarif ne comprend pas la relecture. Et, le bénévolat pour le capital, c'est pas mon truc!

 

Une rémunération ridicule invite un travail ignoble dissimulant des petites arnaques. J'ai d'ailleurs commencé à tenter une méthode pour les facturer plus cher que ce que le document devrait valoir!

 

Je n'aime pas le chomage, il oblige à accepter n'importe quelle offre de merde de sous-salariat, afin de payer les factures! Certains rodent même sur internet pour vous attraper!

 

Monde de *****!

Par Marion Ravenwood
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