Mon petit monde

Jeudi 18 décembre 2008 4 18 /12 /Déc /2008 17:32

Cher bailleur,

Advienne que pourra désormais. La machine de guerre est lancée, et personne sait où elle s'arrêtera! Le doux nom de votre institution sonnera bientôt creux lorsque votre irresponsabilité civique aura eu raison de votre réputation!

Etait-il nécessaire d'en arriver là? Probablement que oui, ou non. C'est une question de point de vue. Mais, il eut été judicieux de ne pas brandir votre statut pour refuser de mettre le nez dans vos affaires. Qui se soucie de votre titre, si ce n'est vous, et de facto, nous, puisque c'est votre rhétorique qui nous assome avec!

Alors, maintenant... Que pensera l'Institution?

Oups... Il parait qu'une réputation, c'est une abstraction volatile. Quelque chose que les événements d'une vie aident à façonner, mais qu'une seul facteur peut mettre à terre!

Attaquons nous au noeud du problème. Cette charge honorifique!

Pour ma part, j'ai pris quelques initiatives: contacter des associations de militants, probablement désireux de se voir offrir en sacrifice votre symbole, le groupe mandaté par vos soins pour gérer le bien, et puis, l'institution elle-même, qui souffrira de quelques mails et appels pour inculquer les esprits de votre égard vis-à-vis des locataires, et enfin, les forums sur internet.

D'ailleurs, les journaux nationaux ont aussi des forums... Hum.. A méditer!

 

Très cordialement, cher et respectable, et vertueux bailleur!

Par Marion Ravenwood - Publié dans : Mon petit monde
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Jeudi 18 décembre 2008 4 18 /12 /Déc /2008 13:19

Parfois, je m'ennuie profondément, et je fais des choses vilaines. Comme candidater dans une ESC de Paris, pas la plus grande, ni la seconde, mais une ESC de Paris.

Maintenant, c'est encore plus simple: Merci le monde merveilleux de l'INTERNET!

Lassée de voir le regard ahuri des proches en entendant l'intitulé de mes diplômes, je me suis dit qu'un MBA de n'importe quoi ferait l'affaire pour jouir d'un statut social grandiloquent.

Alors, plutôt que de regarder la télévision, avec des rediffusions trop fréquentes de reportages au rabais, je me suis penchée sur le cas des ESC et leurs modalités de sélections. Oui, il parait que c'est ultra rude de se faire accepter. Alors, je suis allée mesurer la valeur de mes deux bac + 5 d'université dans une des écoles pas trop pourries de la capitale.

 

Je remplis donc un dossier, sur le site internet de l'école, qui accepte après concours. Non non, pas la vraie école à fric post-bac, qui accepterait même mon chien, pourvu que maman chien et papa chien s'habillent chez Prada. Alors je remplis, compulsivement le dossier, avec mes expériences, mes qualifications, qui je suis, ce que j'aime, ce que je pense, et pourquoi je pense. Après quelques bidouilles connues du grand public pour rendre mes diplômes chics, je valide et j'envoie.

 

Réponse immédiate de l'école: le dossier de candidature a bien été déposé et va être étudié. Oui messieurs, mais faut faire vite, c'était début décembre, et je candidatais pour la session de février. Ca c'est la magie de la rentabilité d'une bonne ESC: deux sessions, la traditionnelle d'octobre et une autre, pour les mauvais retardataires en février. Alors, pour ceux qui connaissent un peu la fac, ça sent la sélection après échec au premier semestre de la fac.

 

Explication: après le premier semestre, pendant les trois années de licence, maintenant généralistes, on peut, si mauvaises notes, choisir de se réorienter, vers un autre cursus (en général, les gens en histoire foncent en psycho) ou partir. Car oui, la fac, c'est aussi un méchant monde de requins nasty nasty! Qui n'a jamais entendu un prof de fac, dire ouvertement à un ou une élève que les études c'était probablement pas son truc. Les profs sont parfois durs et vous invitent à bien réfléchir à vous réinscrire, parce que de toute façon, ils pensent que vous n'y arriverez pas. J'ai une amie qui l'a entendu par différents profs, en deug, licence, et finalement maitrise, qu'elle n'a jamais pu valider, et le tout en plus de 7 ans.

Mais qu'importe: mes pauv' diplomes de la fac n'ont pas faire sourire cette ESC. Non, elle vient de m'accepter pour un MBA de marketing international. Youpi Youpi.

Alors le programme: très peu, voire encore moins, de cours. Et un stage au milieu.

Le soleil rayonne enfin dans mon univers!!! Il ne me manque plus que 16 000 euros pour finaliser l'inscription!

Mais, ça, c'est une autre histoire... Mon intention n'est pas d'enrichir deux ou trois professionnels qui ne savent plus comment gagner un peu d'argent et qui se baffrents sur le dos des jeunes en mal d'avenir et de leurs parents, pas plus optimistes sur le devenir de leurs bambins dans un monde de l'entreprise que tout le monde reconnait en pleine décrépitude!

Par Marion Ravenwood - Publié dans : Mon petit monde
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Jeudi 18 décembre 2008 4 18 /12 /Déc /2008 12:43

Après un entretien douteux, et le silence des recruteurs après un premier rendez-vous et ce pour une durée indéterminée (c'est d'ailleurs bien la seule chose!), les proches tentent de vous insuffler un peu d'optimisme.

Un optimisme qui, parfois, rassure, mais plus souvent met le point sur l'échec de nombreuses candidatures. Parce que, oui, je candidate. Mais, la réponse la plus fréquente n'est pas celle tant attendue puisqu'elle n'existe pas. Mais, cela, c'est toujours implicitement sous-entendu dans une conversation. Et c'est probablement la raison pour laquelle les proches gardent un sourire de façade. C'est un fait trop bien connu que le candidat, avant signature du contrat, n'est qu'un chercheur d'emploi anonyme. 

Comme beaucoup de jeunes diplômés, j'ai un papa, et une maman. Des parents, et ça va de soi qu'ils sont d'une génération antérieure à la mienne. Après plusieurs décennies passées dans le monde de l'entreprise, ils en connaissent les rudiments et ont pu pleinement apprécier son évolution et le regard porté sur le capital humain et la force de travail. 

Fait du hasard, mon père est depuis quelques années en charge de recruter les petits jeunes qui forment son équipe. Avec un rythme de travail plus que soutenu, il arrive que le renouvellement y soit plus fréquent que celui qu'il désirerait. Pourquoi?

Parce qu'il assume le fait qu'un jeune, même bardé de diplômes d'une école et de la fac, doit être formé. Le cursus importe peu, selon lui, et la structure qui l'a formé non plus: un jeune et un moins jeune avec de l'expérience doit apprendre et observer le travail pour lequel il a signé. Le jeune, lui, il part pour une année, grosso modo, de formation.

Mais alors, pourquoi s'échine-t-on à nous bombarder d'un discours plus nuancé sur la valeur des formations professionnalisantes des grandes écoles, à l'opposé de celles de l'université, si au final, une fois en poste, le jeune suivra le même apprentissage? Pourquoi doit-on lire partout que l'enseignement de l'université française ne correspond pas à la demande des entreprises, pour justifier la non-valeur des diplomes?

 

D'ailleurs, je me permets de ponctuer: contrairement à d'autres, l'entreprise dont il est question, qui est une grosse boite américaine, ne pratique pas la cooptation ni autre processus biaisant le mérite du candidat pour préférer son réseau. Il est encore des métiers pour lesquels la compétence prime encore sur le socialement-utile. Et on y trouve autant, voire plus, d'universitaires. Oui, ces inutiles de la patrie formé au néant, si l'on en croit les communiqués de presse à peine retouchés par les journalistes.

 

Encore une fois, je vais taper sur le journaleux, cette masse informe de lettrés ou prétendus lettrés, qui oublient certaines caractéristiques de leur métier. Pour y avoir trempé plusieurs mois, et mon ami étant un gentil attaché presse, il est un fait public reconnu: le journaliste ne se fatigue pas, ou plus, à écrire un papier de valeur. La communication a pris une ampleur telle, que les communiqués de presse tombent pas centaine dans les boites mail des journaux et pigistes, qui en reprennent le fond, voire même la forme.

 

Un exemple: pour ne pas citer un événement culturel parisien, il y a eu récemment une succession de soirées musicales à thèmes. Mon ami qui avait la charge d'en préparer la communication, a envoyé par mail les communiqués aux journalistes susceptibles de s'y intéresser. Mais grande fut la surprise lorsqu'il a reçu les retours de ces grands professionnels: certains, et ils représentent plus de 50% des retours sur cet événement, se sont contentés de recopier dans des papiers publiés ou sur des sites internet connus dans le secteur, non pas le communiqué, mais bien pire, le mail qu'il avait tapé rapidement pour présenter les concerts.

 

Conclusion: maintenant, le même texte à deux ou trois mots près, est signé de plusieurs plumes! dans plusieurs médias! C'est fantastique! La presse va bien! Le pire, c'est que chacune des plumes ayant agi de la sorte a été rémunérée pour ces presque 1500 signes, bref, pour ces feuillets!

 

Ce qui ici, pour revenir à nos moutons, illustre bien la torpeur intellectuelle qui anime si bien le monde de la presse qui est le baton assomant toujours plus les diplômés de l'université! Que diable, comment est-ce possible que quelques fainéants puissent démolir un système éducatif?

 

Oui, il faut absolument que j'arrête de m'acharner sur cette profession, il doit bien en rester quelques uns de respectables! Tout comme, il faudrait que j'arrête de taper sur le système parallèle de l'enseignement supérieur (et ce même si certaines écoles privées diplomeraient même un babouin si celui-ci avait les moyens de s'offrir cette scolarité!).

 

Par Marion Ravenwood - Publié dans : Mon petit monde
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Mercredi 17 décembre 2008 3 17 /12 /Déc /2008 15:58

Très cher et honorable propriétaire,

C'est décidé, lasse d'attendre que vous acceptiez de faire les travaux de mise en conformité de mon logement, je vais désormais devenir abjecte!

Comme vous le savez, nous habitons le même immeuble.

Et comme vous le savez, vous avez un interphone.

Les lettres, mises en demeures et autres plis restent lettre morte. A l'évidence, on peut être nommé à l'Académie sans savoir lire ni écrire. Alors si Môsieur préfère le contact direct et frontal, peut-être n'est-il que trop tard pour commencer le rapprochement.

Mes murs suintent. Mes livres s'imbibent d'humidité et jaunissent. Mes affaires pourrissent. Et, malgré mon jeune âge, je ne pense pas que je sois contrainte au silence.

Alors, très cher bailleur, il est temps d'assumer deux années à nier les problèmes. Il est grand temps d'assumer la colère du petit peuple qui tempête contre les intouchables.

Si les courriers glissés dans votre boite sont jetés, peut-être faut-il penser à les clouer dessus!

Un immortel et marchand de sommeil... ne saurait jouir d'un repos bien mérité!

Que pensera l'Académie de vos agissements? Je tarde de le découvrir!

Très cordialement, Mon cher et honorable Môsieur!

Par Marion Ravenwood - Publié dans : Mon petit monde
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Vendredi 5 décembre 2008 5 05 /12 /Déc /2008 17:03

Plus tard, je veux être le babouin qui donne des ordres à ses sbires de journaleux, et sa masse informe de pigistes,  pour dicter sa propre vision du monde.

Mais attention, je serai rédac' chef que dans la presse féminine.

Pourquoi la presse féminine? Parce que, en tant que digne représentante de ce corps social, j'adore ce discours pseudo-féministe, le poing levé, oui mais seulement dans mon sac à main en croco d'un grand couturier. Des esprits vifs, ces femmes qui dictent aux autres femmes ce qu'une Dame fait.
La Madame, si on se cantonne à la vision donnée par cette presse, c'est la femme au foyer des temps modernes. Alors, femme au foyer, non, ça c'est rabaisser la femme, qui a autant de capacités que l'Homme. Alors, elle va pas se rabaisser à des coutumes ancestrales! Non, toi femme, tu travailles, tu as une vie professionnelle épanoissante et beaucoup de temps libre!

La femme moderne, elle travaille. Non, elle se défonce au travail, parce que, faut le dire, les inégalités contraignent mes congénères à bosser deux fois plus pour trois fois moins... Mais, la femme, elle a quand même beaucoup de temps libre! Elle fait du sporting pendant sa pause déjeuner, avec son sac de sport et ses batonnets de concombre et carottes, sauce "jus de citron", pour brûler les calories.... Le sporting, c'est mieux avec un coach spécialisé en coaching.
Après son sporting en salle de sport hype, pas celle qui sent la salle de judo et les doigt de pieds, la femme, elle prend une douche et elle se fait belle. La femme, de toute façon se doit d'être belle. Alors elle enfile son costume de business-woman, le make-up et hop... la femme fait du marching jusqu'au travail...
Ensuite, la femme doit prendre son après-midi pour faire du shopping. Vaut mieux être boss pour être femme, sinon à ce rythme là, la femme est spécialiste de firing!

Pour faire son shopping, la femme, elle prend son coupé ou sa mini, ou encore, elle fait du taxing. Mais grâce à sa lecture ultra-spécialisée, la femme, elle peut être méthodique: elle a fait du post-it-ing dans son journal. Tout ce qu'elle veut acheter ou essayer est référencer selon un code couleur des post-its.

 

Après, la femme fait du friending... elle retrouve ses consoeurs pour disserter sur la santé du monde et la géopolitique de la mode. Et là, la femme fait encore preuve d'une supériorité indéniable: elle peut discuter sur tout, Kant, nucléaire civil, bas et mi-bas en soie, Gazprom, choléra, rhume du petit dernier, droit des femmes au Koweit, viol en Ouganda, draps en coton d'Egypte, la guerre en Irak, le scandale de la politique de Bush, la petite robe p.45 du dernier numéro de Elle, la réforme du code du travail, le néo-communisme en Russie, le régime du docteur Dollars pour perdre 12 kilos et rajeunir de 15 ans...

Après tout ça, la femme doit se reposer les méninges! J'en ai les ovaires dans le chignon quand je pense que toutes les femmes dignes de ce nom ne vont pas au spa le soir pour se détendre!!! Mais où va le monde! Mesdames, il faut se relaxer, sinon les rides vont se développer. Surtout que pendant un petit massage, on peut toujours lire son mag' préféré, faire du reading quoi, et découvrir la situation horribileuse des femmes dans les pays où ça sent la chaussette et où on mange de l'argile!

Comme ça, la femme est pimpante pour faire du homing avec darling. First, une fois rentrée, le phoning-marketing: petite étude de marché préalable pour savoir ce qui va décorer son assiette ce soir, et commander, par téléphone. Then, le kiss-ton-darling, il est beau comme un dieu dans son costume trois pièces repéré p. 234 du mag'...
¨
Etre femme, c'est dur!

Etre la bactérie primitive que nous décrit la presse féminine, c'est pire!

Par marianne - Publié dans : Mon petit monde
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